Education artistique et culturelle
Nous sommes de ces vivantes qui croyons que l’art est une discipline qui se partage avec tous.tes, sans essentialiser, ni différencier. Nous croyons en un art transdisciplinaire, transhumaniste, féministe, antiraciste, antivalidiste, anticlassiste ; basé, non pas sur l’envie de comprendre, mais celui de s’exprimer, d’interpréter, d’imaginer, de créer.
Aborder la liberté en tant qu’orientation et signification du politique, la voir liée de manière constitutive à la figure du danseur, est urgent en ce moment….
André Lepecki
Si aujourd’hui, et notamment en danse, la frontalité revient avec autant d’importance que celle des ballets russes, nous essayons de maintenir l’orientation vers son prochain dans notre pièce de groupe. Travailler collectivement, signifie travailler avec, et pour l’autre. Mais aussi travailler à mettre en lien, et donc travailler une relation entre individus ou entités. La danse comme forme abstraite, mais déconnectée de toute histoire n’est pas notre champ d’action. Nous aimons croire que la danse puisse raconter, autant que le théâtre, et qui d’ailleurs ne serait pas détaché de cette première. Nous pensons que la danse peut émouvoir, raconter, démontrer, provoquer, juger autant que d’autres pratiques vivantes.
Le dialogisme, c’est d’abord le dialogue entre les arts. Au sein des Incisives, le dialogue entre les arts s’opère lors du processus de création et des spectacles. Dans Trombidion.nes, il y a dialogue entre théâtre, expression scénique, et danse. Le spectacle commence par du théâtre, par une mise en scène de blagues, d’un dialogue autour d’anciennes chansons – rappelant la promiscuité relationnelle des êtres devant nous, et est saupoudré par des moments complètements plus réalistes, et hors fiction.
Nous revendiquons, et nous tentons de le faire voir, une création de corps imaginaires, fictionnels, et inventés. Ces états de corps, parfois acariens, parfois humains, oscillent constamment dans le corps des interprètes. Et là n’est pas l’envie de proposer un discours opposant animal et être humain, mais plutôt d’amaigir la frontière entre ces états de corps et ces représentations. De faire vivre, en un seul corps, plusieurs corps et plusieurs imaginaires. L’art dialogique, est aussi un art du changement, où rien ne s’arrête, ne se fige ou ne se cristallise. C’est dans cette dynamique, vivante que s’inscrivent les trombidion.nes, iels troublent, par leur insatiable mouvement.
En médiation
Au sein de nos ateliers de médiation, c’est de cette dynamique constamment en mouvement et de cette relation que nous tentons de partir. Nous aimerions faire rencontrer des acteur.ices du mouvement par des exercices d’échanges de regard, par du contact-impro, ou des exercices de décentrement. Le décentrement, comme l’a développé Alwin Nikolaïs, consiste à tenter d’être en mouvement, en faisant voir au public une partie du corps en mouvement, sur lequel le public pourrait se focaliser, pendant que d’autres choses se passent ailleurs, qui seraient découvertes plus tard, comme par magie.
En réalité, danser en groupe, auour d’ateliers de médiation consiste à chercher des manières de créer une magie du spectacle ; de créer des systèmes ou des dispositifs qui permettent de créer un groupe, des relations, une unité, constituée d’individualités, mais aussi des contraintes suffisantes pour que ce soit les danseur.euses qui inventent l’évènement magique.
Sur la base du discours de l’artiste SNK, nous aimerions que la distance entre « proposant », proposition, et « récepteurs », n’existe pas ; qu’il n’y ait au final qu’un groupe qui échange, partage et travaille à créer une danse innovante, nouvelle et stimulante.
Que ce soit par un apport en références théoriques de penseur.euses et praticien.nes de la danse d’hier et d’aujourd’hui, ou de praticien.nes, nous voulons faire de ces ateliers des temps de rencontres et d’enrichissements qui permettent de créer du dialogue, des questionnements et de repartir avec.

